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Un souffle musical contre les cyclones
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01/02/09 |
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02/02/09 |
Bonjour à tous
Jean¨-Paul est bien arrivé à 12 h 10
heure locale.
Paulette et Armel étaient à
l'aéroport pour l'attendre.
Un peu de stress à la douane où il a
du donné quelques euros et quelques brosses dents dentifrice etc...
Le visa a bien augmenté 65 euros !!!!
Le principal est qu'il soit là-bas et
que toutes les formalités soient en règle.
Je l'ai appelé il y a une heure à peu
prés et il était au centre entrain de visiter le nouvel orphelinat avec Armel.
Il devait manger chez Paulette et
Armel et passer l'après midi au centre pour déjà faire le point sur les enfants
car demain il y a déjà une rencontre avec eux
à suivre.. |
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03/02/09
16h15 |
Bonjour a tous me voici arrivé sur
Tamatave. On sent un peu de tension mais tout va bien. Je rencontre les premiers
filleuls dès demain.
Je suis un peu fatigué ce soir mais je vous promets un compte rendu plus complet
très prochainement.
En attendant voici une photo de moi avec Paulette et Armel
A très bientôt a tous
JPaul
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04/02/09
17h00 |
Salut à tous,
Je viens d'avoir des news de Jp à l'instant.
Il vient juste de terminer avec les enfants.
La première rencontre s'est très bien passée, il y a déjà pu rencontrer à peu
près 26 enfants.
Il les a filmé un par un avec un petit message pour chaque parrain.
Et je crois qu'il y a aussi un message pour Orphagascar (en groupe)
sinon c'est un peu difficile pour certains car tous les parrains n'ont pas
forcément fait un cadeau donc il y en avait quelques uns de déçus. Il va donc
aller avec Armel en ville pour acheter quelques petits cadeaux pour ceux qui
n'ont rien.
Ce soir il va préparer à l'hôtel un message pour le site avec quelques photos et
ils nous les fera passer demain matin de bonne heure.
Il y a toujours le couvre feu à 8 heures et il devait se dépêcher de rentrer à
l'hôtel pour manger avant car après 8 heures il doit être dans la chambre.
C'est assez calme, il ne ressent pas trop de tension à la ville.
Par contre les prix ont flambé c'est 3 à 4 fois plus cher que quand nous étions
là bas avec les enfants.
Pour te donner un exemple l'hôtel est maintenant à 90 000 ariary soit 37 euros
la nuit alors que nous avions payé 12 euros il y a 3 ans et demi.
Il est heureux de vivre ces instants et essaie de faire le maximum pour ramener
plein de photos et films
L'accueil de Paulette et Armel est très chaleureux il mange le midi chez eux
dans leur nouvelle maison et Armel est à la disposition de mon homme. Que
demandé de Plus !!!!
Bises à tous |
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05/02/09
10h00 |
Bonjour à tous,
Je sors d’une
journée marathon, c’était ma première rencontre avec les filleuls aujourd’hui et
tout c’est bien passé, tout le monde n’était pas là car certains avaient école
d’autres n’ont pas osé faire le déplacement compte tenu des évènements récents
et du couvre feu à 20H00.
En effet certain
viennent de loin et ont beaucoup de marche à faire pour rentrer chez eux.
Ce dont je peux
témoigner, c’est qu’ils sont toujours très reconnaissant de ce que vous faites
pour eux et ils vivent ma venue comme une fête et par les temps qui courent
c’est une bonne chose pour eux.
J’ai réussi à en
prendre déjà une trentaine un par un pour ramener à chacun d’entre vous un petit
film où il vous remercie de ce que vous faites pour eux.
Je ressens dans
les yeux de ces enfants vraiment beaucoup de joie et pourtant je suis un peu
gêné de me dire que je tire de ces moments partagés avec eux beaucoup
d’enrichissement personnel.
A ce titre je
souhaite rendre hommage à ma petite Sylvie qui, tout au long de l’année, œuvre
beaucoup plus que moi pour le parrainage.
J’avoue avoir eu
des angoisses la semaine précédent mon départ, mais aujourd’hui,
je ne regrette rien !!!

Ma prochaine rencontre avec les filleuls sera samedi et en attendant je pars
demain et après demain chez ceux qui ne pourront pas se déplacer, et j’espère
qu’à mon départ je les aurai tous rencontrés.
Paulette et Armel
se plient en quatre pour que mon séjour se passe le mieux possible et me
reçoivent chez eux pour déjeuner tous les jours. J’ai droit à un régime spécial
« malgacheuropéen » afin que je profite de la cuisine malgache sans que mon
estomac n’ait gargouillé une seule fois.
J’en profite
pour les remercier du fond du cœur.
La nuit je dors à
l’hôtel Miramar dont j’ai joint une photo afin que vous ne vous apitoyez pas
trop sur mon sort.
Je vous dis à très
bientôt et encore merci pour votre soutient à tous ces enfants.
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06/02/09
10h00 |
Bonjour à tous,
Nous sommes vendredi après midi, je précise car je ne sais pas quand ce message
sera en ligne. En effet, il m’est très difficile de transmettre les messages
dans les Cyber Café car s’ils prétendent tous avoir l’ ADSL, le « L » doit
certainement vouloir dire lent !!
Demain je rencontre les filleuls pour la deuxième journée et depuis mercredi
j’ai pu en voir certains qui ne pourrons pas se déplacer pour les raisons que
j’ai déjà évoquées précédemment. Hier nous sommes partis avec Armel, entre
homme, nous rapprocher de sa région natale en brousse profonde dans un petit
complexe de 4 bungalows que tient un ami à lui. Nous avions beaucoup de route à
faire, en effet environ 30 Kms, les connaisseurs me comprendront…
Nous sommes arrivés de nuit et étions seuls au complexe. Nous avons visité notre
bungalow et visiblement nous n’étions pas si seul que ça (« insectophobes »
s’abstenir). Nous avons partagé un dîner très agréable et avons parlé des
enfants du parrainage et de l’organisation de la journée de samedi, la
motivation d’Armel fait plaisir à voir.

Enfin après une nuit passée enroulé dans ma moustiquaire, au point de ressembler
à une jeune mariée, le réveil a été plus difficile, depuis ce matin je suis
malade, tous les symptômes de la « tourista » sont réunis et croyez moi, weigth
watcher à coté ce n’est rien car j’ai du perdre 2 ou 3 kilos depuis ce matin …
Enfin, mieux vaut en rire… Yaourt, riz, pâtes et coca jusqu’au bout du séjour et
je devrai être en forme dés demain pour la rencontre avec les filleuls.
Comme les bonnes choses n’arrivent jamais seule, aujourd’hui il pleut et on
annonce une tempête tropicale modérée dés demain. Le mot « modérée » est sensé
me rassurer car à chaque fois que les gens évoquent cette tempête qui arrive,
tous me regardent et s’empressent de me dire
« MODEREE !! »

Le problème c’est que nous n’avons pas le même sens de la modération. Cela ne
m’inquiète pas pour autant car étant du sud ouest j’ai eu droit à une répétition
générale avant de partir… Maintenant, il faut que je me repose, pour être en
forme pour demain.
A bientôt.
J-Paul
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07/02/09 |
Bonjour
à tous,
Nous sommes samedi fin
d’après midi, la deuxième grande rencontre avec les filleuls vient de
s’achever.

Encore une journée chargée
en émotion.
Si mes comptes sont bon il
ne me reste plus que 2 filleuls à rencontrer, et j’aurai vu tout le monde
ce qui était inespéré avant d’arrivé.
Nous avons pu gâter tout le
monde entre les cadeaux que certains parrains et marraines nous ont fait
parvenir, et je les en remercie, et les cadeaux que Sylvie et moi avions
récupérer par ci par là, personne n’a été oublié.
J’ai aussi distribué des
brosses à dents des crayons à papier et des stylos bic.
La réunion a durée 7H00 non
stops, mais heureusement avec le vent il ne faisait pas trop chaud.
Ce soir, Paulette, Armel,
leurs filles et moi partons à Fenerive Est, ou se trouve des amis à
eux.(environ 3H00 de route)
Nous reviendrons demain
soir sur Tamatave.
N’étant pas encore bien
remis de mes problèmes de santé, j’avoue avoir un peu le retour au pays qui
me démange, il me tarde de revoir mon épouse et mes enfants …
Cependant, le sentiment du
travail accompli et la certitude que la totalité de se que vous donnez
arrive à tous ces enfants me rempli de joie.
Je ne vous remercierai
jamais assez du soutien que vous leurs apportez.
Je ne sais pas si je
devrais vous le dire mais comme je le pense,
Je vous aime
A bientôt
J-Paul
Pour que vous compreniez
bien la situation, et malgré que je n’ai pas encore envoyé le message
précédent, (car je n’ai fini de l’écrire que depuis seulement dix minutes),
je ne le transformerai pas mais j’enchaînerai directement avec le suivant.
Nous sommes donc sur le
départ, je viens de finir de charger le vieux Renault Express, quand je
ressent un malaise chez Armel et Paulette, en effet, ils viennent
d’apprendre les derniers événement d’Antananarivo : l’armée a reçu l’ordre
de tirer sur la foule qui s’approche du palais présidentiel on compte déjà
dix morts au moins.
Le malaise est palpable,
les sons de la radio et de la télé, montés à leurs maximums créent une
cacophonie.
Tout le monde est suspendu,
les passants s’arrêtent, écoutent, commentent en malgache entre les « chuts »
autoritaires de Paulette.
Déjà une demi heure que
nous écoutons la radio et le nombre de mort augmente, quinze, vingt, puis
vingt-cinq.
Si pour moi le nombre de
mort ne change pas la gravité de l’événement, je ressens que pour eux c’est
différent et chaque annonce est suivie d’un général « olalalala !! »
Sylvie m’a appelé, elle me
parle de trente et un mort, je n’ose pas leur dire mais ils l’apprendront
cinq minutes plus tard.
Puis l’hymne malgache
retenti à la télé, le Président va parler, il est interminable cet hymne, la
tension est palpable, le téléviseur fait trente six centimètres, l’image,
fidèle à l’antenne fabriquée maison, laisse à penser qu’il neige sur Tana…
Je ne comprend évidement
pas ce que dit le président, mais pour les gens qui m’entourent, je vois
bien que ce n’est pas le message qu’ils attendait, Paulette me regarde, et
je ressent dans ce regard toute la détresse de son pays.
Le président a appeler au
calme, comme si ce qu’il s’était produit dans l’après midi n’avait été
qu’une simple manifestation sans incidents.
Certainement par pudeur,
tout le monde se retire, et je me retrouve seul, assis sur la terrasse de la
maison d’Armel et Paulette, je regarde les enfants jouer, eux sont
inconscients, et tant mieux, des événements qui se déroulent.
Tant qu’il y a de la vie,
il y a de l’espoir…
Je vis l’histoire de ce
pays, celui de mes enfants, mon deuxième pays …
Si je sais que je
reviendrai, je sais aussi que je retrouverai ces mêmes enfants portant des
habits encore plus souillés, ces mêmes routes encore plus défoncées, ces
mêmes maisons encore moins étanches et ces mêmes vieux, moches, gros
occidentaux aux bras des ces mêmes jeunes, belles, minces femmes malgaches…
Plus que jamais, j’ai
conscience d’être né du bon côté de la planète…
Et puis, je pleure.
Plus tard, Armel me rejoint
et me dit regretter que ces événements se passent en même temps que ma venue
ici.
Voilà sa préoccupation…
Quel Ami !!!
Nous n’irons donc pas à
Fenerive Est.
Nous décidons de partir en
ville afin que je retire de l’argent pour régler mon Hôtel avant qu’ils ne
ferment les distributeurs.
Sur le trajet les gens
semblent tous sonnés, je n’ai jamais vu autant de militaires depuis cinq
jours que je suis là, qu’en dix minutes de trajet…
Nous rentrons à l’hôtel,
comme tous les soirs nous buvons une THB, mais le cœur n’y est pas, Paulette
et Armel rentrent chez eux.
Je rejoins ma chambre,
Sylvie m’appelle, je ferai tout ce que je peux pour la rassurer, sans lui
mentir car se soir je ne me sens pas en insécurité, ce soir,
Je suis Triste
J-Paul
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08/02/09
07h00 |
Dimanche 7H00, bonjour à tous,
Il fait très beau, j’avais
oublié de parler de cette tempête qui n’a finalement fait que nous lécher, mais
avec une bonne grosse langue tout de même.
Les employés de l’hôtel, très
attentifs, s’étonnent tous de me voir là, car ils savaient que je ne devais pas
passer la nuit ici.
Ce n’est pas qu’ils soient
curieux, mais ici il n’y a pas beaucoup de clients alors quand la moitié de la
clientèle quitte l’hôtel ils sont forcés de s’en rendre compte.
Comme ils savent que j’ai été
malade vendredi, il s’inquiète de ça, mais quand je leur dis que c’est à cause
des évènements, tous me disent : « pas problème pour vous, monsieur, pas
problème »
Je suis tenté de leur tendre
mon portable afin qu’ils rassure ma Sylvie mais elle serai bien capable de
penser que c’est encore une de mes blagues…
Au fur et à mesure que j’écris
ce message, je me demande si Benoît le mettra en ligne, mais si ce n’est pas le
cas je ne lui en voudrai pas.
Même si je sais que je
m’éloigne du parrainage, Je ressens l’envie de parler mais je suis seul, alors
j’écris, Madagascar m’inspire. Et puis vous raconter tout cela exorcise mes
angoisses.
La nuit à été courte en
sommeil, difficile de faire rentrer trois GB de données dans un crâne qui n’en
contient qu’un.
Hier soir, au moment de me
coucher je savais qu’il serait difficile de m’endormir, mais voila, mon ipod
était déchargé, je me suis donc rabattu sur la télé.
Ici à Mada depuis le début des
événements les télévisions nationales n’émettent plus, alors à l’hôtel nous
n’avons q’une chaîne interne qui passe en boucle des navets d’une grande
puissance et oui Steven Segal et Jean-Claude Vandame ont de l’avenir …
Ce genre de film ou si vous
collez le début de l’un avec la fin d’un autre, vous ne vous en rendez même pas
compte.
En plus, ici, le son arrive
environ cinq secondes avant l’image, alors ça tue un peu le suspens.
Le coup de feu est parti que le
gars est toujours à se demander s’il y a quelqu’un derrière la porte…
Encore mieux, ce sont les
scènes d’amour, la dame grimpe aux rideaux alors que l’homme ne s’est pas encore
déshabillé, balèze le mec non ?
Enfin, c’est bien la première
fois qu’un film de série B, ou devrais-je dire Z, me distrait à ce point.
Ceci dit, toutes les bonnes
choses ont une fin et le gérant de l’hôtel semble avoir décidé de ne passer que
celui-là toute la nuit, n’étant pas mazo, j’éteins la télé.
Il est minuit et je ne dors
toujours pas, alors j’ai une autre solution, quand je voyage en avion, je prends
toujours un quart de lexomil par vol, il m’en reste encore trois.
En effet quel que soit le moyen
de transport si ce n’est pas moi qui conduis, je ne suis pas tranquille.
J’ai bien déjà essayé de
m’imposer à l’aller mais chez Air France, sans le brevet de pilotage, il ne
veulent rien savoir !
C’est décidé, j’en prends deux
quart, eh oui j’en garde un pour le vol Tamatave - St Denis car il se fait en
ATR et j’avoue que les avions à hélices ça fait un peu démodé, surtout dans le
coin …
Une heure après, pas le moindre
effet, ma journée ne cessz de défiler dans mon esprit.
Mon ipod ne clignote plus,
enfin, je vais pouvoir m’écouter un peu de musique.
Je commencerai par le générique
de Zorro, je l’ai téléchargé pour mes enfants, mais comme je ne suis pas très
doué quand je télécharge un titre, c’est la version italienne que j’ai.
C’est pas grave ils adorent
l’écouter.
Si un jour vous avez l’occasion
de l’entendre, bien qu’il faille un sacré concours de circonstances, vous verrez
qu’une phrase sur deux se termine par gnocchi, certainement que dans la version
italienne du feuilleton, Zorro doit manger beaucoup de pâtes…
Finalement je me suis endormi,
pas mal de temps après, et je me suis réveillé très tôt, mon ipod toujours vissé
sur les oreilles, avec Mikaël Jackson, l’homme noir qui toute sa vie à cherché à
devenir un homme blanc.
Peut-être que grâce à Obama il
aura envie de se réexposer au soleil !
Armel ne devrait pas tarder à
venir me chercher pour m’accompagner au Cyber, en effet ils sont ouvert le
dimanche, probablement pour laisser sortir ceux qui ont commencé à envoyer un
mail le samedi en fin d’après midi.
J’ai tellement écrit que
j’espère que mon mail, qui doit être bien lourd, arrivera avant mes cartes
postales.
A bientôt
J-Paul
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10/02/09
10h00 |
Bonjour à tous,
Nous sommes dimanche soir,
La journée à été plutôt meilleure que la précédente, alors je suis en forme pour
vous la raconter.

A ce propos, je voudrai préciser : il m’arrive de vous parler
de certaines choses, en faisant un peu d’humour mais loin de moi l’envie de me
moquer, si vous m’avez compris, vous savez que j’aime ce Pays et si je rigole de
certaine situation c’est tout simplement parce qu’elles sont cocasses.
Aujourd’hui c’est moi qui reçois, en effet, comme nous n’avons pas pu nous
déplacer, Paulette, Armel, Nana et Nanou leurs filles, viennent manger à mon
hôtel.
Déjeuner au bord de la piscine, face à l’océan indien, qui dit mieux !!
Nous ne parlerons pas des événements, nous avons envie de couper un peu et de
consommer notre Amitié, même si une personne manque au tableau, ma Sylvie.


Nous avons rendez vous à 11H30, ils arriveront donc vers 12H20
comme prévu...
Nôtre sujet principal reste le Parrainage, Paulette m’explique ses difficultés,
je prends des notes, nous solutionnerons tout cela plus tard avec Sylvie, comme
à chaque fois, car nous nous en donnons les moyens, je ne suis pas inquiet. Ce
voyage m’a plutôt remonté !
Armel a une idée, il sait que les barrages policiers et militaires sur la route
de Foulpointe, ont été levés car ces derniers ont reçu pour consigne de protéger
les bâtiment d’Etat en ville, alors il me propose de nous rendre là-bas pour
rencontrer un filleul qui mérite le déplacement tant sa condition est pauvre. En
plus, il doit être déçu, il pensait nous voir hier soir car Foulpointe est sur
la route de Fenerive Est.
Paulette commence à me parler de lui, je l’interromps, histoire de gagner une
demi-heure, et nous partons avec Armel afin de rentrer avant la nuit. (Quand
Paulette va lire ça, elle va me tuer).
Nous voilà parti, en effet il n’y a pas de barrages et
apparemment le bruit à bien couru et cet après midi sur la route tout est permis
…
Il me faut vous expliquer ce que j’ai compris du code de la route Malgache.
Tout d’abord, c’est la loi du plus gros, le camion est prioritaire sur le 4X4
qui l’est sur la voiture qu’il l’est sur la moto qu’il l’est sur le
pousse-pousse qui l’est sur le vélo qui l’est sur le piéton.
Si vous avez
suivi vous comprendrez que traverser la route à pied demande une attention toute
particulière.
Et au milieu de tout cela, pour un seul être tout est permis, croyez moi il peut
bien traverser à sa guise, zigzaguer, rester au milieu de la route, personne ne
l’ecrasera, il s’agit du poulet.
Oui je parle bien du gallinacé, il y en a partout en liberté, a croire qu’il n’y
a pas de grillage a poule a Madagascar !
Tout le monde l’évite, pile, fait des écarts et il n’y en a pas un seul écrasé
sur la route.
En France il faut avoir un gilet jaune dans la boite à gants, ici on pourrait
bien y mettre un poulet, en effet vous tombez en panne, vous l’attachez à
l’arrière de votre voiture, tout le monde ralenti et vous contourne lentement …
Remarquez nous aussi on a bien des poulets pour qui tout est permis sur la
route, mais les notre ne se mange pas …
Aujourd’hui personne n’a de casque sur les moto pourtant depuis peu Armel m’a
expliqué qu’il était obligatoire d’en porter mais les policiers acceptent le
casque de chantier et tolère le bonnet, question sécurité ce n’est pas encore
gagner.
Après avoir évite un bon nombre de trous dans la chaussée, nous arrivons chez
notre filleul, nous nous garons au bord de la route et nous enfonçons dans la
brousse sur environ 2 Kms et le village apparaît enfin.
Ce que je vois là me rappelle vite à la raison pour laquelle je suis là et
c’est très très dur.

Par respect pour sa marraine je n’en dirai pas plus, je lui réserve
l’exclusivité de ma visite et de se que j’ai vécu là bas, les photos et le film
de la remise de son cadeau.
Malgré nos calculs notre trajet de retour se finira dans la nuit.
En effet, nous avons eu du mal à quitter ce village tant nous ressentions leur
joie de nous savoir chez eux.
Arrive à l’hôtel, les filles sont toujours dans la piscine et ce depuis que nous
sommes parti, je fais rire Armel en lui disant que si elles continuent il va
leur pousser des écailles dans le dos.
Paulette, elle est rentrée à sa maison avec la mobylette de Nana, sa dernière.
Armel et moi buvons une THB bien méritée, il appelle Paulette pour être sûr
qu’elle bien rentrée et ne tardera pas a la rejoindre, ces deux la s’aiment, ça
fait plaisir à voir.
Pour moi, ce sera repas en chambre, couvre feu oblige, je ne surprendrai
personne en vous disant pâtes et coca, ensuite j’aurai ma chérie et mes deux
petits poupous au téléphone.
Je suis fatigué, les deux quarts de Lexomil que j’ai pris hier au soir
commencent à faire leur effet.
La télé restera éteinte, pour le navet de ce soir, ce sera sans moi.
A demain,
J-Paul |
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11/02/09
08h47 |
Bonjour à tous,
Nous sommes mardi matin, mon voyage touche à sa fin.
Je décolle à 12H55, heure locale, soit deux heures de moins qu’en France.
Ce voyage qui faisait tellement peur à tout mon entourage.
J’ai même entendu que je risquais de me faire égorger comme un poulet !!
Sachez une chose, pas une seule fois je ne me suis senti en danger.
Pour ce qui pourrait penser que je suis brave d’être resté jusqu’au bout, je
leur expliquerai ceci :
pour faire un parallèle avec la France, si Paulette et Armel avaient été chez
moi, dans le fin fond de mon sud-ouest, en octobre 2005, quand nos banlieues se
sont enflammées, pensez vous qu’ils auraient été en danger !
Ce que j’ai vécu ici n’était pas bien différent. Je ne parle pas de l’importance
des événements mais je dis bien « ce que j’ai vécu ici ».
Et puis si mon trajet avait du passer par Antananarivo, ne serait-ce que pour
une escale d’une heure, j’aurai tout annulé.
Le peuple malgache m’a reçu dans sa plus pure tradition, Accueil, Attention,
Gentillesse, Tolérance.
Ici les gens, moins ils ont de dents plus ils esquissent de larges sourires.
Il me faut rentrer dans mon pays, ce pays dont la préoccupation principale est
le pouvoir d’achat, alors qu’ici il y a bien longtemps qu’ils en ont oublié la
définition…
Demain je retrouverai Sylvie, Pablo, Tom et Charlotte et sans oublier nos minous
Rafia et Diego mais aussi Newton.
Ma richesse à moi, c’est eux.
Cette journée leur sera entièrement dédiée, pas de messagerie pas de portable.
Il me tarde.
Je quitte Madagascar ma mission accomplie, je reviendrai.
Ma mission presque accomplie, en effet il y a une filleule que je n’ai pas
rencontrée, j’ai pourtant essayé jusqu’au bout, jusqu’à hier soir sous la pluie,
mais la nuit tombante et les vingt minutes de pirogue, sans être sûr de la
trouver m'ont fait reculer.
Je laisse son cadeau à Armel et Paulette, ils m’ont promis qu’ils lui
remettraient et feraient une belle photo qu’il s’empresseront de m’envoyer.
Ironie du sort il s’agit de la filleule d’Alain, notre trésorier qui aurait du
m’accompagner et qui pour des raisons de santé à du renoncer au dernier moment.
J’espère que tout va bien pour toi Alain.
Je ne te connais que par téléphone, mais j’aurai bien voulu partager ce voyage
avec toi.
Je disais donc que je quitte Madagascar, mais je ne fuis pas.
Les seules choses que je fuis avec plaisir, ce sont les insectes.
Ah les insectes !!!
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Les insectes, ici, ils ont bien écouté leur papa et leur maman quand ils étaient
petits, ils ont bien mangé la soupe !
Ici, les chenilles ressemble à des trains, les abeilles à des ULM, les cafards à
des Volkswagen Touareg (noirs vitres sur teintées).
Mêmes les coccinelles, c’est jolie une coccinelle, et bien ici ont est tenté d’y
poser des plaques d’immatriculation.
Ah, important, si vous voyez une araignée et que vous voulez l’écrasé, je vous
conseille d’allez chercher votre bagnole !
En plus elles tissent des toiles qu’on dirait des lignes à haute tension.
Il arrive assez souvent que les ULM s’y prennent dedans d’ailleurs.
Et au milieu de tout ça, les seuls qui vous cherchent des noises, et ils sont
doués pour ça, se sont les moustiques et ici ils sont quasiment invisibles.
C’est vraiment pas juste.
Bon, je me suis encore bien lâché mais le temps est venu de dire merci.
Merci à vous, Parrains et Marraines sans qui le quotidien de ces enfants serait
plus difficile. Vous n’êtes peut-être que très peu à avoir suivi mon périple et
pourtant je vous ai tous senti derrière moi.
Merci aussi à tous ces filleuls et à leurs mamans.
Le merci que j’adresse à Paulette et Armel, s’il me fallait l’imprimer, il me
faudrait cinq feuilles de papier A4.
Leur message, je leur ferai de vive voix tout à l’heure, à l’aéroport au moment
de partir, enfin si j’y arrive car je suis très émotif et je vais encore pleurer
en plus quand je pleure j’ai l’air ridicule.
Si si, c’est ma sœur Agnès qui le dit, il parait que quand je pleure je
ressemble à De Niro, je vais d’ailleurs faire semblant de pleurer et me prendre
en photo, vous jugerez sur pièce…

Un grand merci pour Benoît et Laurence, ceux qui un jour ont eu l’ambition et le
courage de monter le projet ORPHAGASCAR et sans qui je ne serais pas là
aujourd’hui.
Souviens toi Benoît, un soir d’octobre 2005, alors que Sylvie et moi, par
téléphone, te proposions de reprendre le parrainage à notre compte, tu m’as dit,
avec ton accent du Nord : « OK, mais c’est dur de te refiler mon bébé ».
Alors je voudrai te dire ceci : Ton bébé, même si sa croissance est loin d’être
finie, il a bien grandi et se porte plutôt bien, ses nouveaux parents s’en
occupe bien et encore pour longtemps, nous te le promettons.
Merci aussi à ma Sylvie.
Qui peut se venter d’avoir une femme qui laisse partir son homme, seul, à plus
de dix mille kilomètres, dans un pays qui traverse un conflit musclé et dont
certaine radio française se plaise à répéter et répéter encore le détail de
l’horreur de ses dérapage et qui sont capable de ne plus en parler pendant dix
jour si une star est décédé ?
Il a fallut aussi que Sylvie assure le quotidien, et croyez moi, avec un boulot
particulièrement prenant à cette période de l’année, plus trois enfants, ce
n’est pas rien !
Merci à charlotte, la fille de Sylvie, ma fille, pour son sms très touchant le
jour de mon départ.
Mon dernier merci s’adresse à mes deux garçons, maman m’a dit au combien
vous avez été très sage, je vous avait beaucoup préparé à mon départ, je vous
avez fait plein de recommandations, je vous avez demandé de bien aider maman, et
tout ça vous avez su le faire.
Vous que Sylvie et moi avons cueilli dans ce pays, votre comportement, alors que
vous n’avez que six ans, prouve que vous avez déjà su saisir la chance qu’il
vous a été offert.
Je suis très fier d’être votre papa.
Je le suis aussi de votre pays, car si c’était la bonté de ses habitants qui
faisait la valeur d’un pays, alors Madagascar serait l’ une des plus grandes
puissances mondiale.
J’espère, du fond du cœur, que cette Grande île trouvera un jour un président
qui saura l’aider à panser ses plaies, et lui permettra de reprendre espoir pour
retrouver le statut qui est le sien.
Parrains et Marraines, vous allez tous recevoir un message de votre filleul,
souvent leur timidité devant la camera laisse, pour certain, assez peu refléter
leur joie, pourtant croyez moi, tous ces enfants ont passé une très bonne
semaine !!!
Je retiens de la vie a Tamatave, qu’elle a beaucoup augmenté, de plus nos
filleul qui ont été très motivés par le diplôme remis à notre bachelière,
accompagné de vingt mille ariary soit un petit peu plus de huit euro, les a
sacrement motivé et beaucoup d’entre eux m’ont réclamé de quoi les aider à payer
des cours de soutient.
J’avais peut-être l’intention de rehausser le montant du parrainage annuel, mais
je préférerai vous dire ceci :
A partir de cette année notre courrier d’appel à vos dons, sera suivi d’un
document vous permettant d’avoir droit à un crédit d’impôt de la moitié de
l’aide à votre filleul, alors le minimum restera à cinquante euros, mais nous ne
fixerons pas de montant maximum … a ceux qui souhaitent que leur effort soit le
même, ou qu’il en soit proche, le calcul est facile.
De plus, il nous manque 8 parrains, alors si vous connaissez des gens qui
peuvent être intéressés, n’hésitez pas à leur dire de nous contacter.
J’avais prévenu, je suis remonté !
Mes messages ont commencé en rapport et se sont presque terminé en roman.
En plus, les échos que j’ai eu de Sylvie ne m'ont plutôt pas découragé.
Madagascar m’inspire.
Il est encore possible de se surprendre à quarante ans.
Je vous ai ouvert mon cœur, et à ceux qui pensent que je me suis un peu trop
écouté parlé, je leur dirai que cela ne me surprend pas de moi, rappelé vous que
je suis du Sud.
Et puis, quand on est seul il est difficile d’écouter quelqu’un d’autre.
Votre serviteur
J-Paul |
12/02/09
13h33 |
Ce
message ne s’adresse pas forcement qu’aux parrains et marraines,
Je
suis arrivé hier à Pau.
Malgré que cette journée doive se passer sans messagerie sans portable, beaucoup
d’entre vous, et pas seulement des parrains ou marraines, ont réussi à me
joindre ou m’envoyer des mails, et j’ai aussi rencontré certain.
On
m’a beaucoup parlé de mes rapports, on m’a beaucoup félicité sur ma façon
d’écrire, beaucoup d’ente vous m’on dit au combien ils attendaient avec
impatience chaque rapport.
Et
aussi que le bouche à oreille avait beaucoup fonctionné et que les amis de vos
amis allaient sur le site, Benoît m’a dit que le site avait connu une bonne
affluence.
Je
devrais être fou de joie mais non.
Pour
tout vous dire, je suis même très en colère contre moi.
Je
ressens que ma mission est peut-être en train de tomber à l’eau.
Je
reconnais que là-bas (eh oui Madagascar, aujourd’hui pour moi c’est là bas), le
soir quand je m’apprêtais à écrire mes messages, j’ai probablement fait de
l’autosatisfaction, de l’égoïsme, moi le petit vendeur de bagnole d’un petit
garage d’une petite ville, je me suis pris pour un écrivain, je me suis mis trop
en avant alors que le but était d’y mettre tout ces enfants et leur quotidien de
Misère.
Pas
un seul ne m’a parlé de ces enfants et de ce qu’ils pouvaient endurer.
Si
ce voyage ne me rapportait qu’un seul parrainage, ce serait déjà une victoire.
Ma
Sylvie, qui comprend mon sentiment, me dit qu’il est top tôt pour déchanter.
J’ai
écrit mon retour, je m’y suis bien lâché, mais il restera dans mon ordinateur.
Je
vous avoue même que cliquer sur supprimer ce dossier me démange.
Sylvie, qui a l’habitude de gérer le bourrin qui est en moi, me défend de le
faire.
Tout
au long de mes rapports, j’étais partagé entre le fait de parler plus
précisément des filleuls et l’exclusivité que je souhaitais réserver aux gens
qu’ils les parrainent.
C’est probablement le tort que j’ai eu.
Je
me suis dit qu’il n’était peut-être pas trop tard, j’ai appelé Quiquine mon amie
qui parraine l’enfant que nous sommes aller voir dimanche après midi à
Foulpointe, Armel et moi.
Je
lui est demandé si je pouvais vous raconter cette rencontre afin de vous faire
ressentir la plus importante raison de ma présence à Madagascar .
Elle
a dit oui, et je l’en remercie.
Alors j’y mettrai tout mon cœur, même si ma chérie trouve que le bateau n’est
pas non plus en train de couler, je prends ça comme une bouée que je jette à la
mer.
Il
n’est pas franchement dur de me rappeler en détail ce que j’ai vécu ce jour là.
Nous
approchons de Foulpointe, sur la grande ligne droite qui longe l’océan, Armel
ralenti, nous arrivons à l’endroit ou nous devons nous arrêter afin de marcher
jusqu’au village.
Une
fois au bon niveau, Armel se gare, un homme qui marche de dos sur le bas coté
comprend notre intention de nous garer quand notre pare choc sera à 20 cm de
lui, il en perd l’équilibre.
Je
regarde Armel d’un air surpris, cet homme serait il capable d’être méchant.
Il
me regarde à son tour et dans son regard je comprends qu’il ne fait qu’appliquer
le code de la route.
L’homme se relève, n’importe qui d’entre nous serait entré dans une colère sans
nom, et bien lui il rigole.
Depuis l’autre cote de la route nous interrogeons, un petit épicier sur la
présence ou pas, au village, de Charlin, notre filleul, mais dans le brouhaha
que fait un taxi brousse en passant, il ne nous entend pas.
Je
fais un bon 360°, qui se transforme vite en 3600°, avant de traverser !
Nous
lui réitérons la question, et nous dit en malgache que l’enfant que nous
cherchons est dans son magasin, une officine de deux mètres carré qui semble
plus qu’isolée au milieu de cette grande ligne droite.
En
effet Charlin est là, et on le sent tout de suite gêné par la camera que je
tiens à la main.
Il
n’est pas bien grand, sur sa tête baissée, sa casquette est bien vissée, visière
rabattu, il n’ose pas croiser mon regard.
Armel lui parle, et lui relève la visière qu’il ne tarde pas à rabaisser dès que
nous détournons notre regard pour remercier l’épicier.
Alors, nous nous enfonçons dans la foret, lui, nous suivra, quelques mètres
derrière.
Il
savait que nous devions venir hier, mais ne devait plus y compter du coup il
semble surpris, j’imagine qu’il se demande ce que fait ce grand homme blanc dans
son monde.
Il
faut passer un marécage, tel un équilibriste, sur des poutres métalliques, puis
sur des rondins pas vraiment stables.

Pas
vraiment stable surtout pour moi, car l’enfant et Armel qui vient lui aussi de
la brousse, s’en tirent plutôt bien.
Une
fois le marécages passés, je rallume ma camera, je me dois de faire, un jour,
partager ce moment, en plus le bruit de la brousse digne des meilleurs bruitage
de films africains mérite bien d’être enregistré.
Nous
progressons sur un petit sentier, nous croisons des travailleurs, et en voyant
leur état, le mot travailleur prend tout son sens.
Ils
s’arrêtent tous net, et hallucinent.
Je
leur adresse un bonjour, bien gracieux, qui les surprendra car ils ont pas
vraiment l’habitude qu’un Vassa (étranger en Malgache) s’intéresse à eux.
Du
coup c'est avec un grand sourire qu’ils y répondent.
Charlin est toujours derrière nous, je progresse en marche arrière, histoire de
le filmer, non sans avoir l’inquiétude de percuter un ULM, ou bien de rencontrer
une araignée (rappelez vous que nous avons garé la bagnole).
Nous
approchons du village, à l’entrée, l’école.
Quatre piquets, un toit en feuille de palmiers, chez nous on appelle ça un abris
de voiture.

Il
se met à pleuvoir, Armel, prévoyant, ouvre le parapluie qu’il a emmené et
protège ma camera, lui peut bien se mouiller, le savoir vivre Malgache primera.
Nous
arrivons chez Charlin, et ce dernier ne tardera pas à nous doubler, et courir
prévenir sa famille.
Nous
nous postons devant la maison, et la le choc.
Son
grand père sort nous accueillir, j’en ai vu des hommes qui m’on fait de la peine
depuis que je suis là, mais celui-ci…
Cet
homme est tout simplement usé, usé de travailler dix huit heure par jour, ce,
six jours sur sept, pour couper d’immenses arbres entier avec une machette dont
je serais bien incapable de sectionner un manche à ballet avec.
Son
travail, fabriquer le charbon dont la quasi totalité des gens du coin, se
servent pour faire la cuisine.
Armel m’expliquera que son revenu mensuel, ne dépasse que très rarement trente
milles aryari, soit l’équivalent d’environ quarante cinq euros.
ça
calme !
J’en
profite pour dire au protecteur de notre planète, et il en faut, qui se
plaignent de la déforestation de Madagascar, que la préoccupation d’une grande
partie de ceux qui y contribuent est de survivre.
Toute la famille ne tardera pas à nous rejoindre, et nous invite à entrer.

La
pièce ne fait pas dix mètres carrés, sur le mur il y a une grande ardoise ou il
y a écrit : « Ecole privé dans la maison » suivi de plusieurs sons que la maman
doit faire répéter tout les jours à ses enfants
Savoir lire et écrire, sur Madagascar, et surtout pour ces gens, c’est déjà un
avenir quasi assuré, une fierté.
Charlin est l’aîné des enfants, il a deux petit frères et une sœur pas bien plus
jeune que lui.
Il
vit aussi avec sa maman, son grand père, sa grand mère.
Il y
a aussi son père, des frères de ses parents mais eux, je ne les verrai pas.
Tous
prennent la pause afin de satisfaire ma boulimie de photos.
Je
pose ma caméra sur le bord de la fenêtre, m’assurant du bon angle, afin de
filmer la remise du cadeau de la marraine de Charlin, Quiquine, tout en pouvant
en profiter.
J’aurais bien pu demander à Armel de filmer, mais pour l’avoir déjà sollicité,
j’y renonce.
Armel a du mal à cadrer, il ne détrônera pas Spielberg, c’est sur !
Je
lui remets son paquet, il y a deux short et une chemise pour lui et des habits
pour le reste de la famille et bien d’autres choses encore.
Il
est très intimidé, il les pose sur la table puis enfile le short et la chemise
sous la pression autoritaire de sa maman.
Mais
sa préoccupation est ailleurs, en effet Quiquine, bien de chez nous lui a fait
parvenir une photo des Pyrénées, il ne la décroche pas des yeux.
Cette scène m’émeut, je suis moi aussi des Pyrénées et elles me manquent un peu.
Les
voisins s’approchent et s’agglutinent à la fenêtre de la maison.
Ils
sont impressionnés par ma venue, mais ce qui les attirent le plus c’est ma
caméra.
En
effet cette dernière étant braqué sur nous, l’écran de contrôle donne sur
l’extérieur.
Ils
se donnent le mot, tous s’approchent, et après avoir marqué un temps de recul en
voyant l’image, ils éclatent de rire.
Le
grand père, qui semble vivre cela comme une impolitesse, ne tardera pas à leur
demander d’aller voir ailleurs.
Le
tout petit, assis en tailleur sur la table, il semble inquiet quand je
m’approche.
Je
brûle pourtant d’envie de lui faire un bisou.
Alors je sors mon arme fatale, le ballon de baudruche.

Après lui avoir gonflé, je lui tends, son grand père, qui se tient juste
derrière lui, le rassure et il le prend.
J’aurai droit à mon bisou.
Les
autres enfants, me regardent car eux aussi veulent un ballon, mais pas seulement
eux, la maman n’aimerait pas que je l’oublie.
Je
me mets donc à gonfler plein de ballon, et dans mon intarissable envie de
m’amuser je fais exprès d’en lâcher un non noué, ce dernier traverse la pièce,
en zigzagant, créant l’espace d’un instant une panique générale suivie d’un
énorme éclat de rire.
Nous
discutons un moment, les enfants partent profiter de leur boule de couleur, je
me sens tellement proche d’eux que je n’arrive pas partir.
Armel me rappelle que la nuit ne nous attendra pas, et nous nous apprêtons à
partir.
La
maman de Charlin, outrée, se fâche après lui, car, pas bien différent de nos
enfants, il ne s’avance pas de lui même pour venir nous dire au revoir, beaucoup
trop occupé à regarder les Pyrénées, assis dans un coin de la pièce.
Cet
enfant là ce soir, il se couchera bien plus heureux qu’il ne s’est levé, c’est
sur…
Après avoir été remercié et informé du profond respect qu’ils ont pour moi, nous
partons.
Dés
que nous ne sommes plus à portée de leurs yeux, camera et appareil photos rangé
dans mon sac, je pleure.
Armel me regarde et me dit : « tu n’as pas le droit de pleurer, ce que tu fais
c’est bien »
Il
aura bien dire ce qu’il veut, j’ai beaucoup de mal à accepter que je ne pourrai
pas faire plus pour aujourd’hui.
Nous
faisons le chemin inverse, mes yeux gorgés de larmes, j’avoue que ce jour là
j’ai encore craqué, je prends conscience du temps qu’il me faudra à me remettre
de toute ces émotions, j’espère juste que j’arriverai à les surmonter pour ne
pas trop m’abîmer.
Nous
rejoindrons la voiture, la suite vous la connaissez.
Vous
m’avez dit que vous avez aimé me lire, vous avez pris du plaisir ? vous voulez
me remercier ?
Je
n’ai pas besoin de vous expliquer comment.
Le
serviteur de TOUS LES CHARLIN !!
JPaul
PS :
j’apprends, en terminant ce texte, que nous avons une personne qui veut
accrocher son wagon à notre locomotive, ah ma Sylvie, c’est pénible de voir que
tu as toujours raison !
Vos contacts parrainage :
LOYER Sylvie et Jean-Paul
2 rue Joseph SZYDLOWSKI
64 510 BORDES
05.59.53.18.85
Sylvie 06.79.89.91.10
J Paul 06.79.89.95.62
loyerjsc@tele2.fr
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